lundi 13 juin 2016

étape Santander - Requejada

samedi 4 juin : Santander-Requejada

Il est 6h40 : je quitte tôt Santander dans le gris du matin ; à la sortie de la ville, attiré par la Plaza de Toros, je perds le balisage du Chemin que je finis par retrouver après un petit détour. Triste banlieue industrielle et commerciale. Les sorties de villes, ici comme ailleurs, sont d’une laideur sans nom. Devant moi, j’aperçois les silhouettes de Jacqueline et Phil le couple de canadiens de Toronto. Ils marchent plus lentement que moi, je les salue en passant, échange quelques mots et poursuis seul le Chemin.

Santander Chemin Compostelle
Sortie de Santander, pas agréable
La marche solitaire engendre la pensée ; ce matin j’ai en tête ces personnes qui marchent pour fuir la guerre et la misère, avec un maigre baluchon et sans savoir de quoi seront faits le jour et la nuit suivantes. Une espèce de malaise me saisit, moi qui marche pour mon plaisir, pour la beauté des villages, des campagnes et des villes du chemin, pour le plaisir de la rencontre et l'exercice physique, en étant toujours sûr de trouver le gîte et le couvert, et un accueil convenable. Par association d'idées, je me souviens que le 22 mai, dans le train qui me conduisait à Hendaye point de départ de mon périple, deux dames après avoir échangé à propos de leurs placements financiers et des soirées de bridge à venir, en sont venues à parler du pape François et à dire tout le mal qu'elle pensait de ses paroles et de son action en faveur des réfugiés ; elles étaient outrées qu'il ait ramené avec lui, en revenant de son voyage en Grèce, trois familles syriennes. Ainsi va le monde, hélas.

Requejada
Requejada : étape dans une cité ouvrière, ville-dortoir
Comme suggéré par le guide, pour éviter un long détour au fond d’une vallée, à Bóo de Pielagos j’attends le train pour Mogro (une station) et, surprise, je retrouve Jacqueline et Phil dans la rame qui eux sont montés une gare avant Bóo ; ils poursuivent au-delà de Mogro où je m’arrête pour chercher un hébergement – en vain, les pensions affichent toutes complet. Je poursuis donc mon chemin et passe par Bárcena de Cudón, puis Mar où je décide de reprendre le train pour une station jusqu’à Requejada où se trouve une auberge de pèlerins ; j’y arrive vers 13h00. Je m’enregistre et prends la clé au bar El Puerto, de l’autre côté de la route ; je suis le premier à occuper un lit parmi les douze disponibles (petite auberge...). Je déjeune au bar El Puerto, à peu près à l’heure habituelle, entre 14h00 et 15h00 soit l’heure des espagnols : salade (délicieuse) d’asperges, salade verte, merlu, frites, et deux « clara ».

Requejada Bob
Au bar El Puerto de Requejada, je bois un verre (una clara) avec Bob, l'australien
En fin d’après-midi, surprise de voir arriver un des australiens, Bob ; Phil et John sont à Bóo de Pielagos, tandis que Paul et sa femme partis tard de Santander se sont certainement arrêtés avant Bóo. A 17h00, l’auberge est complète et des pèlerins se voient contraints de poursuivre vers Santillana del Mar ; certains d’entre eux optent pour le bus. Parmi les pèlerins présents ce soir, je fais la connaissance d’un cycliste vendéen parti le 9 mai du Mont Saint-Michel et qui compte arriver à Saint-Jacques dans deux semaines environ. Il me raconte avoir été commotionné après un repas au point d’avoir été hospitalisé trois jours à Bilbao et pris en charge par un médecin qui parlait français. Il a eu droit à un check up complet avant d’être autorisé à poursuivre son périple.
Requejada est une ville-dortoir sans charme, dotée d'une église à l'avenant ; et d’un supermarché ouvert jusqu’à 22h00 ce samedi soir auquel je me rends avec Bob pour du petit ravitaillement.

Les photos de l'étape :  Santander-Requejada

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