Il est 6h40 : je quitte tôt Santander dans le gris du
matin ; à la sortie de la ville, attiré par la Plaza de Toros, je perds le
balisage du Chemin que je finis par retrouver après un petit détour. Triste
banlieue industrielle et commerciale. Les sorties de villes, ici comme
ailleurs, sont d’une laideur sans nom. Devant moi, j’aperçois les
silhouettes de Jacqueline et Phil le couple de canadiens de Toronto. Ils marchent
plus lentement que moi, je les salue en passant, échange quelques mots et
poursuis seul le Chemin.
| Sortie de Santander, pas agréable |
La marche solitaire engendre
la pensée ; ce matin j’ai
en tête ces personnes qui marchent pour fuir la guerre et la misère,
avec un
maigre baluchon et sans savoir de quoi seront faits le jour et la nuit
suivantes. Une espèce de malaise me saisit, moi qui marche pour mon
plaisir,
pour la beauté des villages, des campagnes et des villes du chemin, pour
le
plaisir de la rencontre et l'exercice physique, en étant toujours sûr de
trouver le gîte et le couvert, et un accueil convenable. Par
association d'idées, je me souviens que le 22 mai, dans le train
qui me conduisait à Hendaye point de départ de mon périple, deux dames
après avoir échangé à propos de leurs placements financiers et des
soirées de bridge à venir, en sont venues
à parler du pape François et à dire tout le mal qu'elle pensait de ses
paroles
et de son action en faveur des réfugiés ; elles étaient outrées qu'il
ait
ramené avec lui, en revenant de son voyage en Grèce, trois familles
syriennes. Ainsi va le monde,
hélas.
| Requejada : étape dans une cité ouvrière, ville-dortoir |
Comme suggéré par le guide, pour éviter un long détour au
fond d’une vallée, à Bóo de Pielagos j’attends le train pour Mogro (une
station) et, surprise, je retrouve Jacqueline et Phil dans la rame qui eux sont
montés une gare avant Bóo ; ils poursuivent au-delà de Mogro où je
m’arrête pour chercher un hébergement – en vain, les pensions affichent toutes
complet. Je poursuis donc mon chemin et passe par Bárcena de Cudón, puis Mar où je
décide de reprendre le train pour une station jusqu’à Requejada où se trouve
une auberge de pèlerins ; j’y arrive vers 13h00. Je m’enregistre et prends
la clé au bar El Puerto, de l’autre côté de la route ; je suis le premier
à occuper un lit parmi les douze disponibles (petite auberge...). Je déjeune au bar El Puerto, à peu près à l’heure
habituelle, entre 14h00 et 15h00 soit l’heure des espagnols : salade
(délicieuse) d’asperges, salade verte, merlu, frites, et deux
« clara ».
| Au bar El Puerto de Requejada, je bois un verre (una clara) avec Bob, l'australien |
En fin d’après-midi, surprise de voir arriver un des
australiens, Bob ; Phil et John sont à Bóo de Pielagos, tandis que Paul et
sa femme partis tard de Santander se sont certainement arrêtés avant Bóo. A
17h00, l’auberge est complète et des pèlerins se voient contraints de
poursuivre vers Santillana del Mar ; certains d’entre eux optent pour le
bus. Parmi les pèlerins présents ce soir, je fais la connaissance d’un cycliste
vendéen parti le 9 mai du Mont Saint-Michel et qui compte arriver à
Saint-Jacques dans deux semaines environ. Il me raconte avoir été commotionné
après un repas au point d’avoir été hospitalisé trois jours à Bilbao et pris
en charge par un médecin qui parlait français. Il a eu droit à un check up
complet avant d’être autorisé à poursuivre son périple.
Requejada est une ville-dortoir sans charme, dotée d'une église à l'avenant ; et d’un supermarché ouvert jusqu’à 22h00 ce samedi soir auquel je me rends avec Bob pour du petit ravitaillement.
Requejada est une ville-dortoir sans charme, dotée d'une église à l'avenant ; et d’un supermarché ouvert jusqu’à 22h00 ce samedi soir auquel je me rends avec Bob pour du petit ravitaillement.
Les photos de l'étape : Santander-Requejada
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