Mauvais départ ce matin : très rapidement
le petit
orteil du pied gauche me fait souffrir terriblement sans qu’aucune
manifestation les jours précédents le laisse prévoir. La douleur
s’installe ; au kilomètre cinq ou six de l’étape, je décide de m’arrêter
pour faire un pansement et tenter d’enrayer le mal. J’y parviens plus ou
moins : la douleur s’estompe, ou je l’oublie ? Je crois qu’il serait
bien que j’arrive dès aujourd’hui à Ribadesella. J’enfile les
kilomètres. Je
m’arrête dans un bar boire un café con leche et grignoter quelques
madeleines –
les pèlerins sont peu nombreux mais le patron du bar semble débordé et
bougonne. C'est la première fois sur le chemin que je vois un accueil
aussi peu chaleureux. Je
traverse Celorio et longe sa belle plage, hélas sous le ciel gris. Le
sentier débouche un peu plus loin près du couvent abandonné, proche de
la ruine, de San Antolín de Bedón, peu avant le petit village de Naves.
Encore une superbe plage de sable blanc...
| La plage de San Antolín de Bedón |
Déjà près de douze kilomètres parcourus. Je rattrape et
dépasse un groupe de marcheurs français rencontrés à Santillana del Mar. Une
pluie fine, sorte de crachin breton (ou normand...), se met à tomber ; je protège le sac, mais
décide de ne pas sortir la cape de pluie, faisant le pari que cela ne durera
pas. J’arrive à la petite ville de Nueva à midi et achète des compresses et,
sur les conseils de la pharmacienne qui parle un peu le français, une pommade
antiseptique. Finalement je décide de ne pas faire étape à Nueva, comme je
l’avais initialement envisagé, et prends la décision de poursuivre jusqu’à
Ribadesella.
| Un groupe de pèlerins français en chemin pour Nueva |
Quatre kilomètres plus loin, seule en haut de la colline se
dresse l‘église San Pedro de Pría. J’y rencontre un pèlerin allemand (plus âgé
que moi) que j’avais aidé au cours de l’étape à mettre sa cape de pluie. Nous
engageons la conversation : il m’explique avoir pris le train de Stuttgart
où il réside jusqu’à la gare de l’Est à Paris, d’avoir rejoint la gare
d’Austerlitz pour prendre un train pour Limoges d’où il est parti sur le Chemin
début mai. Je lui demande de me prendre en photo. Après Cuerres et son pont
médiéval, un panneau indique Ribadesella à 6,1 kilomètres et Santiago à 401
kilomètres ; le sentier serpente dans la campagne. J’arrive fourbu au
terme de l’étape aux alentours de quinze heures, l’heure espagnole pour prendre
un solide repas dans un café. Puis, je me rends à l’office du tourisme et vais
réserver une chambre à l’hôtel Argüelles pour deux nuits. Douche, lessive,
sieste, triptyque classique du randonneur, puis petit tour dans la ville et repérage
de la gare routière où je prendrai le bus du retour (réservé par Internet il y a trois
jours) dimanche à deux heures du matin.
| Je suis sur le bon chemin... |
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