jeudi 2 juin : Laredo-Güemes
Quelle nuit ! Dans la chambre : deux lits à étage ; trois
australiens et moi. J’occupe le lit du bas. John qui est en haut m'avait
prévenu qu'avec un peu de chance, il ne se lèverait qu'une fois dans la nuit
pour aller aux baños, comme on dit ici. Ce qu'il ne m'avait pas dit, c'est qu'il
avait le sommeil agité. Alors toute la nuit, je me crois sur un bateau qui
traverse une tempête : ça bouge de partout, ça grince - le sommet étant atteint
lorsque le capitaine John descend de sa cabine pour aller se soulager. Quel
fracas ! Ce matin après le déjeuner très frugal des sœurs de la Trinité, et la
longue marche sur l’affreux front de mer de Laredo, je rejoins l’embarcadère pour prendre
un vrai petit bateau (una barca) qui en une dizaine de minutes traverse
la baie pour Santoña – la capitale espagnole de l’anchois !
| Embarquement à Laredo pour Santoña |
A l’embarcadère, je revois Kim, la coréenne qui vit en
Indonésie où travaille son mari, Kim que j’avais rencontrée à l’albergue de
Lezama et qui l’an dernier a déjà rallié Compostelle par le Camino Francés. A
Santoña, une belle statue de Miguel de Cervantes. Je marche pendant le tiers de
l’étape en compagnie des quatre australiens John, Paul, Phil et Bob, puis à
partir de la longue plage de Noja je me retrouve seul jusqu’à Güemes, terme de
l’étape. A quelques kilomètres de l’arrivée, je m’arrête à l’albergue San
Miguel de Meruelo pour prendre une boisson américaine, fraîche, énergisante, pétillante et
de couleur marron foncé… J’y rencontre un couple d’allemands qui habitent à Trèves ;
la femme trouve mon beau tee-shirt tagué Compostelle
2000 (du nom de l’Association jacquaire parisienne où je l’ai acheté). Comme ils
seront à Paris le week-end prochain (ils interrompent leur chemin à
Santander), je leur donne l’adresse de l’association Compostelle 2000, rue Hermel dans le 18e.
| Vue sur la campagne depuis l'albergue de Güemes |
L'hospitalière volontaire qui m'a accueilli est une jeune étudiante allemande. Elle partage le même dortoir que moi. Elle m'explique que lorsqu'elle est arrivée ici à Güemes, il y a quatre jours, elle souffrait du pied gauche ; a été décelée une fracture de fatigue. Afin qu'elle se repose avant de rentrer en Allemagne, et comme elle parle allemand, français et anglais, le padre Ernesto lui a proposé de travailler bénévolement à l'accueil pendant quelques jours en échange du gîte et du couvert. Au cours de nos échanges, je ne me souviens pas comment j'en suis venu à lui parler du beau roman (que Anne m'avait fait découvrir) Une Leçon d'allemand de Siegfried Lenz dans lequel il est question du peintre Emil Nolde - roman qu'elle ne connaît pas et dont elle note titre et auteur.
| Repas en commun, le soir à l'albergue de Güemes |
Photos de l'étape : Laredo-Güemes
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