mardi 14 juin 2016

étape Laredo - Güemes

jeudi 2 juin : Laredo-Güemes

Quelle nuit ! Dans la chambre : deux lits à étage ; trois australiens et moi. J’occupe le lit du bas. John qui est en haut m'avait prévenu qu'avec un peu de chance, il ne se lèverait qu'une fois dans la nuit pour aller aux baños, comme on dit ici. Ce qu'il ne m'avait pas dit, c'est qu'il avait le sommeil agité. Alors toute la nuit, je me crois sur un bateau qui traverse une tempête : ça bouge de partout, ça grince - le sommet étant atteint lorsque le capitaine John descend de sa cabine pour aller se soulager. Quel fracas ! Ce matin après le déjeuner très frugal des sœurs de la Trinité, et la longue marche sur l’affreux front de mer de Laredo, je rejoins l’embarcadère pour prendre un vrai petit bateau (una barca) qui en une dizaine de minutes traverse la baie pour Santoña – la capitale espagnole de l’anchois !

Laredo Santoña
Embarquement à Laredo pour Santoña
A l’embarcadère, je revois Kim, la coréenne qui vit en Indonésie où travaille son mari, Kim que j’avais rencontrée à l’albergue de Lezama et qui l’an dernier a déjà rallié Compostelle par le Camino Francés. A Santoña, une belle statue de Miguel de Cervantes. Je marche pendant le tiers de l’étape en compagnie des quatre australiens John, Paul, Phil et Bob, puis à partir de la longue plage de Noja je me retrouve seul jusqu’à Güemes, terme de l’étape. A quelques kilomètres de l’arrivée, je m’arrête à l’albergue San Miguel de Meruelo pour prendre une boisson américaine, fraîche, énergisante, pétillante et de couleur marron foncé… J’y rencontre un couple d’allemands qui habitent à Trèves ; la femme trouve mon beau tee-shirt tagué Compostelle 2000 (du nom de l’Association jacquaire parisienne où je l’ai acheté). Comme ils seront à Paris le week-end prochain (ils interrompent leur chemin à Santander), je leur donne l’adresse de l’association Compostelle 2000, rue Hermel dans le 18e

Albergue Güemes
Vue sur la campagne depuis l'albergue de Güemes
Après une fin d’étape sous le soleil qui m’a paru interminable, en dépit du spectacle permanent des oiseaux (chardonnerets, bergeronnettes, mésanges, et toujours des milans en nombre), une fois l’ultime côte franchie j’arrive enfin à La Cabaña del Abuelo Peuto du Padre Ernesto – une auberge de pèlerins atypique sur le Camino del Norte, très différente de toutes celles où je me suis arrêté jusqu’à présent. Accueilli par une hospitalière volontaire de l’auberge qui m’offre un verre d’eau fraîche, me demande d’où je viens, où je vais, etc., ensuite c’est une autre volontaire qui m’enregistre et me conduit là où je passerai la nuit. Une réunion à 19h30 rassemble tous les pèlerins dans une grande salle commune pour une présentation de l’auberge et de son histoire ; réunion suivie du repas pris en commun (comme le petit déjeuner le lendemain matin). Pour l’histoire du lieu et la philosophie qui l’anime (pour faire court : christianisme social, défendre la nature, compter sur ses propres forces), voir le site : Albergue de Güemes.

L'hospitalière volontaire qui m'a accueilli est une jeune étudiante allemande. Elle partage le même dortoir que moi. Elle m'explique que lorsqu'elle est arrivée ici à Güemes, il y a quatre jours, elle souffrait du pied gauche ; a été décelée une fracture de fatigue. Afin qu'elle se repose avant de rentrer en Allemagne, et comme elle parle allemand, français et anglais, le padre Ernesto lui a proposé de travailler bénévolement à l'accueil pendant quelques jours en échange du gîte et du couvert. Au cours de nos échanges, je ne me souviens pas comment j'en suis venu à lui parler du beau roman (que Anne m'avait fait découvrir) Une Leçon d'allemand de Siegfried Lenz dans lequel il est question du peintre Emil Nolde - roman qu'elle ne connaît pas et dont elle note titre et auteur.

Repas en commun, le soir à l'albergue de Güemes
Photos de l'étape : Laredo-Güemes

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