Je prends vers 7h45 (un peu tard selon les normes pèlerines...) le petit déjeuner préparé par le patron
et quitte La Concha vers 8h30, sous le brouillard, direction Llanes. A peine
une heure plus tard, je me retrouve en surplomb de la mer sur une lande
côtière très verdoyante (fougères, prés immenses où paissent des troupeaux de
vaches et de moutons).
| Je marche seul sur le chemin à peine tracé de la lande (étrange sensation) |
Le chemin passe par une curiosité naturelle : Los Bufones de Arenillas ; les jours de tempête et de mer agitée, l'eau
s'engouffre violemment à travers les rochers de la falaise et s'élève en une
colonne d'eau de plusieurs mètres, telle un geyser. En s'engouffrant, l'eau
émet une espèce de sifflement, le « bufido », qui donne son nom à ce phénomène
de la nature. Aujourd’hui, la mer est au repos et je n’ai pas la chance de voir
ces surgissements bruyants de l’eau.
| Sur le chemin vers Llanes : vers LosBufones de Arenillas |
Si la mer se repose aujourd'hui, ce n’est pas mon cas. Les chemins
côtiers sont beaux mais ont la fâcheuse tendance à monter et descendre, ce qui
éprouve le pèlerin. Pour arriver suffisamment tôt à Llanes, j’ai eu le tort de
ne pas me détourner vers un village pour me ravitailler, voire prendre un
repas, et comme le petit ravitaillement dans mon sac à dos (amandes, abricots
secs, etc.) était plutôt chiche, je suis arrivé à la fin de la Sierra Plana de
Cué (pas plate du tout la Sierra…) au bord de l’épuisement. Après une ultime
descente dure aux genoux, à l’entrée de Llanes, alors que je me disais que
j'allais tomber d'inanition, à cet instant précis – et ceci est à peine
croyable – une dame en voiture s'arrête à mon côté, baisse sa vitre et me tend
un sac, en me disant : « vous marchez, vous devez avoir faim. » Dans
le sac : une banane, deux oranges, une petite bouteille d'eau et des biscuits.
Je ne suis pas encore revenu de cette magique coïncidence... ¡ Muchas
gracias ! señora inconnue de Llanes…
| La place de la Constitution à Llanes |
Ce soir je loge à l’albergue privée de la Estación (dans la
gare de Llanes) et partage une chambre avec trois frères de nationalité
française qui font le chemin ensemble par tronçons : l’an dernier de Irún
à Santander ; cette année de Santander à (ils ne savaient pas encore où…).
Après avoir visité seul la ville, petite station balnéaire dotée d’un quartier
médiéval, je dîne d'un plat de pâtes avec les trois frères dans une pizzeria espagnole !
Alors que j’avais prévu de faire deux étapes pour arriver à Ribadesella (terme
de mon voyage cette année), une discussion avec les trois frères sur leur destination
du lendemain me conduit à envisager une seule étape (d’au moins 25 kilomètres) pour
arriver à Ribadesella. En m’endormant, je me dis que le plus sage sera de
décider en chemin, en fonction du temps et surtout de ma forme physique.
Les photos de l'étape : La Franca-Llanes
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