mardi 14 juin 2016

étape Gernika-Lezama

samedi 28 mai : Gernika-Lezama

Aujourd’hui l’étape, comme celle d’hier, était gentiment vallonnée, de quoi à nouveau éprouver les mollets des pèlerins randonneurs...
A ce propos : suis-je pèlerin ou randonneur ? Un peu des deux certainement. Mario, le brésilien rencontré au début de mon périple, disait en plaisantant à moitié : je suis un « senderegrino », un mot espagnol forgé à partir de « senderista » (randonneur) et « peregrino » (pèlerin). N’étant pas croyant, je parcours le Chemin sans penser à Dieu à chaque calvaire, ermitage, église ou collégiale rencontrés ; pour autant, je ne me sens pas marcher sur un sentier « ordinaire » où compteraient avant tout l’effort physique, voire la performance sportive, ou bien la seule beauté des paysages et des villes et villages traversés. Sur ce Chemin si particulier, le poids de l’histoire chrétienne est si présente que l’on ne peut s’empêcher d’avoir à l'esprit ces millions de pèlerins qui depuis plus de mille ans ont pris bâton et besace pour aller vénérer le tombeau de Saint-Jacques, un apôtre du Christ. Marcher vers Compostelle qu’on le veuille ou non, c’est s’inscrire dans cette histoire.

Gernika Eglise Santa María Compostelle Chemin
Gernika : l'église Santa María dans le soleil matinal
Pendant la journée d’aujourd’hui, passée encore en compagnie de Jean, Delphine et Jean-Louis, nous nous sommes arrêtés dans le petit village de Larrabetzu (environ deux mille habitants) où le militantisme indépendantiste de ces habitants se décline sur quasiment toutes les façades des maisons de la rue principale, sous la forme de fanion aux couleurs basques, mais surtout des affiches qui demandent le retour au pays et la libération des « prisonniers politiques » (cette revendication est bien connue également en Corse). Par « prisonniers politiques », il faut entendre les auteurs de centaines d’assassinats perpétrés par les militants des indépendantistes qui purgent leurs peines dans des prisons aux quatre coins de l’Espagne.

Pays basque politique
Retour des prisonniers politiques au pays...
A Lezama, quelle chance : l’auberge de pèlerins qui aurait dû ouvrir le 1er juin a exceptionnellement commencé à accueillir des marcheurs le 27 mai, veille de notre arrivée. L’auberge compte vingt lits, mais nous sommes peu nombreux ce soir : Jean (australienne), Kim (coréenne), Miguel (espagnol) ; et bien sûr : Jean-Louis, Jean, Delphine et moi, plus l’hospitalero (celui qui tient l’auberge). Dîner simple avec ces deniers, dans un bar recommandé par ce dernier, le One-Gi, où la télévision diffuse successivement une finale de pelote basque et la finale de la Coupe d’Europe de football qui voit s’affronter deux équipes espagnoles (Real Madrid vs Atletico Madrid). Nous partons avant la fin du match, après avoir conclu le repas par un verre patxaran, liqueur basque à base de prunes et d’alcool anisé…déjà goûté à Gernika.

Les photos de l'étape : Gernika-Lezama

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