mercredi 1er juin : Castro Urdiales-Laredo
Depuis mon départ de Bilbao, en cette
deuxième semaine, mon
Chemin a pris une autre tournure : je n’ai plus de compagnons de route.
Je marche seul ; ce qui permet de découvrir par soi-même, et surtout de
laisser filer ses pensées, de rêver,... Mais qui exige aussi, ce qui
peut être contradictoire, d’être plus attentif aux balises de
changement de direction qui jalonnent l’itinéraire ; à plusieurs, il y a
peu
de chance qu’elles échappent à la vigilance de tout le groupe. Je marche
seul,
mais tout au long de la journée je rencontre très régulièrement d’autres
marcheurs avec qui j’échange quelques mots et partage un moment, par
exemple
devant un beau paysage.
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| Départ de Castro Urdiales : le jour se lève |
Ce matin je suis parti tôt, vers sept heures moins le quart,
ai pris un petit déjeuner dans une boulangerie (c’est un service bien pratique
offert par la plupart des boulangeries croisées sur le chemin). Le premier tiers
de l’étape qui doit m’amener à Laredo est très champêtre : rencontre avec un
troupeau de moutons, traversée de petits hameaux agricoles, chemin de bord de
mer. Pour terminer l’étape je dois longer, comme hier,
la
route nationale 634, pas plus encombrée qu’hier mais qui sous le soleil
chauffe de plus en plus au fil de la journée. Le bitume est dur pour
l’organisme, et tout particulièrement les pieds qui s’échauffent plus vite... Les
deux guides consultés ne mentionnent pas de sentier le long de la côte après
Islares, ce qui me paraît étonnant.
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| En direction d'Islares |
Une heure environ avant mon arrivée à
Laredo je téléphone au
Couvent de la Trinité pour y réserver une place – avoir un toit pour le soir
est la préoccupation du pèlerin quand approche la fin de l’étape. J’arrive un
peu avant 13h00 au couvent, en même temps qu’un groupe de trois pèlerins
australiens de Melbourne, John, Paul et Phil. La sœur qui nous accueille nous
loge dans la même chambre et nous donne les informations / consignes :
l’église ouvre à 18h00 ; la messe est à 19h00 ; à l’issue de la messe
le prêtre bénira les pèlerins ; attention, le couvent ferme ses portes à
22h00 ; le petit déjeuner est servi à 7h30.
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| Front de mer à Laredo...à fuir, et pourtant la plage est belle |
Après une douche et une petite
sieste réparatrice, je vais déjeuner – mais je peine à trouver un bar.
Explication : Laredo est une ville de bord de mer constituée d’une
« vieille ville » où se trouve mairie, églises, couvent, boutiques et
restaurants ; et un « quartier moderne » bâti tout au long de
l’immense plage (plus de deux kilomètres). Je me suis dit que ce serait bien de
déjeuner sur ce front de mer et que j’y trouverais forcément un bar. Ce qui, à
grande surprise, n’est pas le cas : ce ne sont que succession d’immeubles
aussi laids que hauts (souvent six à huit étages), tous vides, à vendre ou à
louer ; pas de commerces et pas âme qui vive. Laredo une plage défigurée
par une urbanisation inconsidérée. J’ai cru pendant un moment que je serais
privé de repas aujourd’hui ; mais j’ai fini par trouver, quelques rues à
l’arrière de la plage, près de l’hôpital, un bar avec une agréable terrasse. Le
soir, après la messe
(oui, j’y ai assisté) et la bénédiction du prêtre qui adresse à chacun un petit
mot, je vais dîner dans la vieille ville avec les trois australiens, plus un (Bob) arrivé plus tard.
Les photos de l'étape :
Castro Urdiales-Laredo